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PAR AMOUR DES POUPEES

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Parsifal
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MessagePosté le: Mar 14 Fév - 20:38 (2017) Répondre en citantRevenir en haut

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LE MONDE DES GEISHAS

Aucun métier ne symbolise mieux le Japon et pourtant est plus mal connu que celui des geishas. Ce métier d'art est depuis deux siècles au moins exclusivement féminin. Ce qui bien sûr n' a pas manqué de le rendre suspect aux yeux de l'occident.
Il faut dire qu'un certain nombre de détails a pu nourrir la confusion.

D'abord les maisons de geishas (okyas) se trouvaient dans les mêmes quartiers que les bordels.  Ensuite des courtisanes de luxe avec un haut niveau d"éducation mais prostituées patentées étaient appelés Oiran alors que ce mot dans le monde des geishas désigne les plus expérimentées d'entre elles. Les oirans étaient célébrées dans les estampes de l'ukyo très largement
diffusées.Une  différence vestimentaire notoire permet de les différencier des geishas.

Alors que les geisha nouent le obi (la ceinture du kimono) dans le dos ce qui réclame l'assistance d'un tiers, les courtisanes elles le nouent sur le devant ce qui facilite de plus fréquents .. déballages.

Un autre phénomène est né pendant l'occupation américaine après 1945. Des prostituées dédiées à "l'hygiène du soldat" vêtues comme des maikos étaient baptisées "geesha girls" par la soldatesque yankee.

Enfin certains rites mal compris comme le mizu age sur lequel je reviendrai ont achevé de nourrir les fantasmes de l'occident.

UN LONG APPRENTISSAGE


Le métier de Geisha était à l'origine un métier d'homme. Il consistait à divertir les grands seigneurs quand ceux ci n'étaient pas occupés à se faire la guerre. Cela correspond un peu à nos bouffons . Avec le temps ce métier s'est féminisé pour devenir exclusivement féminin vers 1800.

A cette époque des petites filles étaient  "achetées"  à des familles pauvres et entraient  dans des Okyas ou maisons de geishas. Là elles recevaient le gite et le couvert en échange des travaux domestiques les plus difficiles. Elles étaient au service d'une maisonnée exclusivement féminine. La maison de geisha était dirigée par une matrone.  Les très jeunes filles commençaient certains apprentissages comme la danse.
Au bout de quelques années celles qui avaient un certain talent devenaient maîkos c'est à dire apprenties.
Elles commençaient à gagner de l'argent par leur prestations et en accompagnant une geisha choisie comme grande sœur, en quelque sorte un maitre d'apprentissage. Après cinq ans au moins d'apprentissage quand la geisha maitre juge l'élève apte, celle ci  devient geisha.

GEISHA et GEIKO


Vers les années 1600 au début de l'ère de Edo cette ville (TOKYO) devint capitale du pays en lieu et place de l'antique HEIAN (KYOTO). Des matrones d'okyas de Kyotð décidèrent de déménager leurs maisonnées vers la nouvelles de capitale. Mais au bout d'un certain temps, les geishas de Tokyo connurent un certain laissé aller moral jusqu'à finir dans le prostitution de luxe. Les élèves de Kyotð, dégoutées, rentrèrent chez elles. Elles abandonnèrent le nom devenu galvaudé de Geisha pour le titre de Geiko.

ET AUJOURD'HUI ?


Il existe toujours dans les deux villes des écoles de geisha. Mais en réalité les Geikos qui sont très peu nombreuses sont les plus réputées. Elles sont d'une discrétion légendaire et il est très rare d'en rencontrer sauf à connaitre parfaitement les ruelles de Kyotð. Par contre les touristes n'ont aucune mal à rencontrer des geikos de pacotilles qui sont en réalités des femmes de tous les jours habillées en maikos ou en geikos pour la photo avec les touristes... comme la reine des neige à Dysneyland ...

D'UN POINT DE VUE POUPESQUE


Le monde des geishas et des maikos, avec ses codes vestimentaires stricts a donné naissance à une production pléthorique de poupées en soie ou en gofun . L'amateur doit observer avec attention justement si les codes sont respectés. L'authenticité , le luxe du vêtement sont recherchés. En observant  de plus près la production poupesque on se rend compte qu'en réalité ce sont plus les maikos que les geishas qui sont représentées. C'est assez normal, car les maikos portent des kimonos très colorés, des accessoires nombreux dans les cheveux etc.. les geishas portent des vêtements nettement plus sobres, leur beauté se suffit à elle même.

Nous allons donc en détailler quelques unes

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Les choses ont la beauté du regard qu'on y pose

Dernière édition par Parsifal le Jeu 16 Fév - 08:07 (2017); édité 2 fois
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MessagePosté le: Mar 14 Fév - 20:43 (2017) Répondre en citantRevenir en haut

UNE MAIKO





Voici une poupée de soie sur son socle laqué. Sa silhouette est gracile. Elle culmine à 43 cm. La première chose qu'on remarque ce sont les chaussures. Ce sont des okobos :





L'okobo est une sandale très haute en bois de paulownia. Elle est portée par les fillettes et dans le monde des geisha, par les maikos exclusivement.
Ici notre demoiselle porte des okobos laquées pour l'été. Les lanières de l'okobo sont rouges chez les novices puis jaunes bleues etc ... au fur et à mesure de l'apprentissage.
Les pieds sont vêtus de chaussettes avec pouce séparé, une sorte de moufle pour les pieds donc.



Le kimono de la demoiselle est de type furisode avec ses très longues manches. Dans la vraie vie, le furisode est très cher (4500€ environ) et le plus souvent loué quand une jeune fille fête par exemple ses vingt ans. Le obi (la ceinture) est noué dans le dos. Il s'agit d'un maru obi fait de brocard de soie très long mais sans excès alors que l'attribut des maikos est plus souvent un darari obi plus démesuré (6 mètres de longueur). Cependant ici il est bien noué à la façon des maikos même s'il ne traine pas par terre.
Détail très juste, le col du kimono est rouge ce qui renforce l'idée qu'il s'agit d'une maiko novice.



Remontons vers la tête et voyons ce qu'il en est de la coiffure. Les maikos ne portent pas de perruque mais coiffent leurs propres cheveux. Je devrais dire font coiffer leur cheveux car cela demande des mains expertes. La coiffure la plus typique est le chignon en forme de pêche fendue. C'est le cas de notre demoiselle encore qu'ici on peu dire que la pêche a muri avec le temps le chignon s'est un peu relâché, même si là aussi la couleur de la soie témoigne d'une novice. Sur la photo notre jeune fille porte aussi des bira bira métalliques.



Le visage enfin. Ici notre poupée de tissus ne plus vraiment correspondre. Le visage des maikos comme celui des geisha est blanc. Les maikos se colorent les sourcils de rouge. Les yeux sont surlignés de noir. Ici notre maiko novice devrait avoir la lèvre supérieure sans rouge à lèvre.
Je n' ai pas pu non plus identifier le sens des autres kanzashi (accessoires de cheveux). Le thème du kimono est clairement la fleur de glycine, donc illustre le mois de mai.

Illustration
Poupée bourrée de 43 cm. Années 40. Tampon rouge marqué made in japan sous le socle. Aucune étiquette de marque (peut être la Nishi de Kyoto)
collection Parsifal

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